Activités minières

Contexte

Le développement minier constitue un enjeu important pour les Inuits répartis dans les 14 communautés du Nunavik. Couvrant 36% de la superficie du Québec, soit environ 500 000 km2, cette région comptait, en 2015, plus de 30 000 claims miniers, deux projets miniers actifs, cinq projets en phase de développement avancé et de nombreuses activités d’exploration. Le CCEK est préoccupé par les impacts potentiels importants sur l’environnement et le milieu social de ce type de développement.

Position générale du CCEK

Les membres du CCEK font un suivi étroit des règles particulières qui s’appliquent aux activités d’exploration et d’exploitation minières sur le territoire, conformément à la CBJNQ. Notamment, le CCEK s’intéresse à l’application des procédures d’évaluation des répercussions des activités minières ainsi que de leur assujettissement aux dispositions du régime de protection de l’environnement et du milieu social établi au chapitre 23 de la CBJNQ et au chapitre II de la Loi sur la qualité de l’environnement.

Développement de la filière uranifère au Québec

En mars 2014, le gouvernement du Québec a confié au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) le mandat de tenir une enquête et une audience publique sur la filière uranifère au Québec. Comme ce mandat couvrait l’ensemble du Québec, incluant les territoires régis par la CBJNQ et la Convention du Nord-Est québécois (CNEQ), le BAPE a communiqué avec le CCEK et le Comité consultatif pour l’environnement de la Baie James (CCEBJ) pour leur demander de coprésider les consultations publiques devant avoir lieu sur les territoires du Nunavik et de la Baie James.

Trois phases de consultations ont été réalisées par les commissions spéciales du BAPE, du CCEK et du CCEBJ dans divers villages du Nunavik et de la Baie James de mai à décembre 2014. Au cours de ces consultations, la population a pu exprimer ses opinions, formuler des commentaires et poser des questions. De manière générale, les participants ont affirmé être préoccupés par les effets que pourrait avoir l’exploration et l’exploitation de l’uranium sur les milieux naturels environnants, les animaux qu’ils chassent et les plantes qu’ils cueillent, ainsi que sur leurs propres santé et sécurité. Ils trouvent également difficile d’évaluer les avantages économiques par rapport aux risques.

En juillet 2015, le ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a rendu public le rapport d’enquête et d’audience publique du BAPE qui présente son examen et l’opinion du public concernant la filière uranifère au Québec. Le chapitre 13 du rapport, lequel a été traduit en inuktitut, en cri et en anglais, couvre le territoire du Nord-du-Québec et a été écrit conjointement par le CCEK et le CCEBJ.

Rapport d’enquête et d’audience publique

Projet minier Hopes Advance

La compagnie Oceanic Iron Ore Corp projette de réaliser un projet d’exploitation minière dans la région d’Aupaluk. Ce projet comprendrait la construction, l’exploitation et le déclassement d’une mine de fer et de toutes ses infrastructures connexes. Préoccupé par les impacts potentiels importants sur l’environnement et le milieu social, le CCEK a effectué en juin 2012 une sortie sur le terrain pour visiter les camps provisoires de la compagnie. Les membres se sont également rendus à Aupaluk pour rencontrer divers intervenants locaux et régionaux qui les ont informés de l’état d’avancement des activités d’exploration minière dans la région. Le CCEK s’est particulièrement interrogé sur les conséquences de l’application de plusieurs processus d’évaluation environnementale pour ce projet.

Lettre concernant les différences contenues dans les avis de projet relatifs au projet Hopes Advance (février 2013)

Lettre concernant les processus d’évaluation environnementale s’appliquant au projet de mine de fer Hopes Advance (février 2016)

 

La Commission de la qualité de l’environnement Kativik et l’Agence canadienne d’évaluation environnementale examinent ce projet:

Évaluation environnementale et sociale par la Commission de la qualité de l’environnement Kativik

Évaluation environnementale par l’Agence canadienne d’évaluation environnementale

Site minier Asbestos Hill

L’état actuel du site minier Asbestos Hill (Purtuniq), qui a été exploité de 1972 à 1984, préoccupe les Inuits du Nunavik et le CCEK notamment en raison de l’érosion continue qui expose les résidus miniers et les matières résiduelles enfouis au site.

Sites miniers abandonnés

En 2012, le CCEK a recommandé la candidature de l’ARK au concours Les Phénix de l’environnement en raison des travaux remarquables réalisés dans le cadre du projet de réhabilitation des sites d’exploration minière abandonnés au Nunavik. L’ARK a d’ailleurs remporté le prix dans la catégorie « Municipalités et organismes municipaux – Réalisations à caractère environnemental »

Mine Raglan

La mine Raglan exploitée par Glencore est située dans la partie nord du Nunavik, entre les villages de Salluit et Kangiqsujuaq, à environ 50 km au nord du parc national des Pingualuit. En novembre 2010, le CCEK a transmis ses préoccupations dans le cadre de la consultation menée par le MDDELCC concernant l’attestation d’assainissement de la mine. Ainsi, le MDDELCC a modifié certaines sections de l’attestation d’assainissement, dont celles concernant les émissions de poussières et la pollution lumineuse; ces problématiques affectent plus particulièrement le parc national des Pingualuit.

Lettre du CCEK dans le cadre de la consultation publique pour l’attestation d’assainissement de la mine Raglan (novembre 2010)